SYNDICAT SUD SANTE SOCIAUX 35

LETTRE OUVERTE AU FUTUR DIRECTEUR DE L’EHESP

vendredi 23 novembre 2012 par Sud Santé Sociaux 35

Née de la loi de santé publique de 2004, héritière de l’ENSP, l’EHESP a connu depuis 2008 des transformations importantes. Les moments tragiques qu’elle a connu (en particulier le suicide de notre collègue de travail en 2010) ont montré que ces transformations ne pouvaient ni ne devaient se faire sans y associer tous les acteurs et surtout le personnel.

C’est pourquoi, appelés à re-voter pour leurs représentants en juin 2012, les personnels de l’EHESP ont montré avec une participation supérieure à 78% leur attachement à un vrai dialogue social, aux valeurs de service public et leur vigilance quant aux méthodes de management interne utilisées depuis 5 ans.

C’est dans cet esprit que les représentants du personnel de la liste « SUD-CGT » souhaitent interpeller le directeur de l’EHESP qui prendra ses fonctions au 1er janvier 2013 pour cinq ans.

- L’Ecole n’a cessé de se développer. En quelques années, elle est passée de 2 ou 3 formations diplômantes à 18 formations. Chacune de ces formations a bien été approuvée individuellement par le Conseil des formations et le Conseil d’Administration, mais l’effort global représenté par leur développement conjoint n’a été ni mesuré, ni discuté. Ce développement a été conduit sans véritable organisation, sans moyens financiers conséquents et sans bilan de ces formations (opportunité, efficience). Durant la même période, l’EHESP a continué d’assurer ses autres missions de formation, pour les futurs cadres du système de santé de notre pays. Les personnels attendent plus de lisibilité, plus de concertation, plus de transparence de la politique à venir de notre école.

- Notre école a besoin d’une véritable politique de site qui ne se résume pas à une simple multiplication des antennes (2 antennes à Paris dont un département sans locaux, un service dont les bureaux doivent être libérés dans un an, 1 antenne à Nîmes, 1 antenne à Marseille ?). Là encore, les discussions devant le CA ont systématiquement porté sur des positions de principe au regard de chaque entité, mais pas sur la gestion coordonnée de l’ensemble.

- A l’heure où l’école s’est engagée dans un PRES « Sorbonne Paris Cité » dont les autres acteurs sont essentiellement situés en région parisienne et s’engagent déjà vers une université « unifiée » pour 2016, c’est à dire demain, les représentants SUD-CGT demandent que l’existence et le développement du campus rennais soient réaffirmés en tant que pôle leader de l’ensemble des sites et que les équilibres entre le Pres « parisien » et le Pres « breton » sans oublier le Pres « Aix-Marseille » soient discutés et évalués. Les collectivités locales ont montré leur attachement au développement de notre école sur le campus rennais. Pour nous la décentralisation est une garantie d’efficience de l’action publique.

- Par ailleurs, l’une des missions essentielles confiées à l’EHESP par la loi de 2004 était la création et l’animation d’un réseau de formation supérieure et de recherche en Santé Publique. Or, nous avons essentiellement assisté à la structuration de cette dernière autour de quelques pôles d’opportunité, conduisant à augmenter le volume de production de publications, certes, mais au sein d’UMR éparses, sans accroche ni cohérence interne réelle (rapport AERES). Ceci aurait pu conduire à la création d’un réseau, mais ce n’est pas le cas et le bilan sur ce point est totalement négatif (même en tenant compte du réseau doctoral, dont l’efficacité reste à démontrer).

- Tous les groupes de travail constitués en 2011 ont mis en évidence la nécessité d’une redéfinition de la politique des ressources humaines avec un management réellement à l’écoute des personnels, le besoin de retrouver les valeurs de service public de l’école et de consolider par une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences l’organisation pour mener à bien les nouvelles missions. La participation et la productivité de ces groupes de travail ont démontré que ce que le personnel refusait n’était pas la transformation de l’école, mais la conduite de ce changement.

Sur ces chantiers réclamés par les personnels, les représentants « SUD-CGT » constatent que beaucoup de travail reste à accomplir. Nous attendons notamment que la politique sur les emplois ne soit pas marquée par le développement caractérisé des emplois précaires, ou le gel de postes nécessaires à l’accomplissement des missions principales de l’école (par exemple, , le poste d’enseignant en droit hospitalier).

Depuis 2012 la direction de l’EHESP a demandé et obtenu les responsabilités et compétences élargies. Cette disposition engage l’école dans la gestion de son budget avec la certification des comptes et l’obligation de présenter un budget en équilibre.

Force est de constater que la tâche semble difficile à réaliser dès le prochain budget. La situation financière de l’école n’apparaît pas très sereine avec un fond de roulement en chute libre et déjà envisagé négatif à moyen terme.

Les représentants « SUD-CGT » demandent donc au prochain directeur de préciser sa stratégie pour réussir à stabiliser les évolutions de notre institution, tout en faisant face à tous les défis qui l’attendent. Ils souhaitent également des garanties quant à la politique et la concertation qu’il entend mener pour assurer l’équilibre financier de l’école et les choix qu’il devra opérer pour garantir la qualité des missions de formation (académique et professionnelle) et des autres missions d’animation de la recherche et internationales qui sont celles pour lesquelles l’ensemble des personnels de l’EHESP investit son énergie et son intelligence depuis plus de 5 ans !


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