SYNDICAT SUD SANTE SOCIAUX 35

La FHF aux Hospitaliers : « Tais-toi et bosse ! ! »

lundi 28 avril 2014 par Sud Santé Sociaux 35

Les employeurs publics écrivent à Manuel Valls pour demander la purge des hospitalierère-
s. Salarié-e-s des hôpitaux et maisons de retraite publics : la Fédération Hospitalière
de France (FHF), qui regroupe et représente nos établissements au niveau national, entend
encore diminuer les emplois, réduire le coût de nos salaires et nous faire travailler plus !

Un choc d’austérité réclamé par les dirigeant-e-s des hôpitaux public au 1er ministre !

La FHF entend réaliser, en 5 ans,
cinq à sept milliards d’économies, essentiellement
sur le dos des personnels, autour
de 7 propositions présentées comme
une véritable « feuille de route » pour
le gouvernement.

La FHF se félicite de la « remarquable
capacité d’adaptation » de
ses établissements et nos directions
se posent en véritable bras armés du
gouvernement pour participer au plan
d’économie de 50 milliards d’euros annoncé
par Manuel Valls.

Nos directeur-trice-s demandent au gouvernement
de faire sauter les derniers
verrous afin d’intensifier la maîtrise de la
masse salariale :

- Diminuter le coût de l’heure de
travail (gel des avancements, du point
indiciaire, arrêt des revalorisations catégorielles…),

- intensifier et généraliser la réduction
des jours de RTT, initiée dans
de nombreux établissements à ce jour,
jusqu’à leur suppression,

- diminuer le coût des expertises
CHS-CT (objectif : réduire les marges de
manoeuvre des représentant-e-s du personnel
pour agir contre la souffrance au
travail),

- réduire l’intérim médical,

- imposer des glissements de
tâches en cascade (actes médicaux vers
les paramédicaux, d’infirmières vers les
AS, des AS...),

- réduire drastiquement de 50%
des personnels des ARS et du Ministère,

- rogner les statuts des personnels
médicaux et non médicaux (pour rendre
les professionnel-le-s plus corvéables),

- Externaliser/privatiser les « fonctions
supports », c’est à dire les services
logistiques, médico-techniques et administratifs.

Les directions demandent les pleins pouvoirs pour ronger les droits des salariés jusqu’à l’os !

La lettre de la FHF fait état de 4 milliards
d’euros en 10 ans, d’efforts « d’efficience »,
entendez d’économies. Il s’agit aujourd’hui
d’économiser le double d’argent
en moitié moins de temps et d’augmenter
encore « la productivité des personnels ! »

Les dirigeants hospitaliers savent qu’il faudra compter
avec de vives résistances des salarié-e-s et des
réactions de la part des usager-e-s des hôpitaux, c’est
pourquoi ils demandent par avance le soutien du
gouvernement. « Ces démarches difficiles génèrent
de fortes économies. Les pouvoirs publics doivent afficher
clairement leur soutien aux établissements et à
leurs dirigeants », c’est on ne peut plus clair comme
carte blanche.

Les réformes successives : loi Hôpital Patients Santé
Territoire (HPST), Tarification à l’activité (T2A), Etat
Prévisionnel des Recettes et des Dépenses (EPRD)
ont déjà lourdement impactés l’organisation et l’offre
de soins et de services de nos établissements.
Les emplois sont devenus la principale variable
d’ajustement des patron-ne-s du public pour équilibrer
les budgets et être les bon-ne-s élèves des
Agences Régionales de Santé.

C’est le constat du Centre d’Etude de l’Emploi, qui
ajoute : « ...les soignants ont depuis longtemps l’impression
d’exercer leur métier sous pression,... cette
course contre la montre s’accompagne d’une perte de
repères sur les finalités et le sens du travail... »

L’activité de nos établissements s’accroît et les effectifs
diminuent en regard, si bien que nombre de nos
services et établissements fonctionnent aujourd’hui
au quotidien en « mode dégradé » comme disent
nos gestionnaires.

Equipes exsangues, difficultés pour la pose de
congés, repos déplacés, heures supplémentaires
à gogo, Comptes Epargne Temps saturés, équipes
éclatées, rappels à domicile, passage en 12H00, appel
à des renforts quotidiens, disparition du collectif
de travail et isolement sur le poste de travail, souffrance
liée au sentiment d’un travail bâclé, perte du
sens du travail, précarisation des emplois…

Les personnels s’échinent au quotidien à maintenir
des soins décents dans des conditions de plus
en plus périlleuses, à l’hôpital et dans les maisons
de retraites, au péril de leur santé et jusqu’à
l’usure professionnelle
.

Déjà malade de trop d’économies, l’hôpital va agoniser
avec ce trop d’austérité, à croire que l’idéal de la
FHF serait un hôpital sans soignants ni patients !

Des feux s’allument, un embrasement général s’impose !

La Fédération SUD Santé Sociaux s’adresse à
l’ensemble des Organisations Syndicales et
les appelle à construire, dans l’unité la plus
large, un mouvement durable, seul capable
de faire reculer le rouleau compresseur du
gouvernement et localement, nos directeurtrice-
s d’établissements.

La Fédération SUD Santé Sociaux salue et
soutient l’initiative de l’intersyndicale SUD
Santé Sociaux et CGT de l’EPSM de Caen
pour l’Assemblée Générale des hôpitaux
en lutte qui s’est tenue à le 4 avril dernier.
Celle-ci a réuni plus de quarante établissements
qui appellent à une nouvelle assemblée
générale nationale le 22 mai à Paris.

SUD Santé Sociaux appelle partout les personnels,
syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s,
des établissements hospitaliers et médicosociaux
publics à se réunir, s’organiser en
comité de lutte dans la perspective d’un
mouvement national coordonné, avec leurs
collègues des secteurs sanitaire, social
et médico-social du privé qui subissent la
même politique et les mêmes effets.


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