SYNDICAT SUD SANTE SOCIAUX 35

Pénibilité : Le travail de nuit, un risque de cancer pour les femmes

mercredi 11 juillet 2012 par Sud Santé Sociaux 35

Voici une info qui devrait intéresser tout particulièrement nos secteurs.

Les résultats d’une étude menée par des chercheurs de
l’Inserm (Unité Inserm 1018 « centre de recherche en épidémiologie
et santé des populations ») et publiés dans
l’International Journal of Cancer, montrent que le risque
de cancer du sein est augmenté chez les femmes ayant
travaillé de nuit. L’étude réalisée en France et baptisée
CECILE a comparé le parcours professionnel de 1200
femmes ayant développé un cancer du sein entre 2005
et 2008 à celui de 1300 autres femmes.

Première cause de mortalité par cancer chez les femmes, le
cancer du sein touche 100 femmes sur 100 000 par an dans
les pays développés. Chaque année, plus de 1,3 million de
nouveaux cas sont diagnostiqués dont 53 000 en France.
Les facteurs de risque de cancer du sein sont variés. Ils
incluent des mutations génétiques, un âge tardif à la
première grossesse, une faible parité ou encore les traitements
hormonaux mais les facteurs liés au style de vie, les
causes environnementales ou professionnelles du cancer
du sein ne sont pas complètement identifiés.

En 2010, sur la base de travaux expérimentaux et épidémiologiques,
le Centre International de Recherche contre
le Cancer (CIRC) a classé le travail entraînant des perturbations
du rythme circadien comme « probablement cancérigène
 ». Le rythme circadien (contrôlant l’alternance veillesommeil)
régule en effet de très nombreuses fonctions
biologiques et est altéré chez les personnes travaillant la
nuit ou avec des horaires décalés.

Plusieurs hypothèses
ont été avancées pour expliquer les associations observées
entre le travail de nuit et le cancer du sein : l’exposition à
la lumière durant la nuit qui supprime le pic nocturne de
mélatonine et ses effets anti-cancérigènes ; la perturbation
du fonctionnement des gènes de l’horloge biologique qui
contrôlent la prolifération cellulaire ; ou encore les troubles
du sommeil pouvant affaiblir le système immunitaire.

Les chercheurs de l’Inserm ont donc examiné l’impact du
travail de nuit sur la santé des femmes dans une grande
étude de population effectuée en France entre 2005 et
2008. Le parcours professionnel (incluant chaque période
de travail de nuit) de 3000 femmes a été passé à la loupe.
Au total, plus de 11 % des femmes avaient travaillé de nuit
à un moment quelconque de leur carrière.

Le risque de cancer du sein était augmenté d’environ 30 %
chez les femmes ayant travaillé de nuit par rapport aux
autres femmes. Cette augmentation du risque était particulièrement
marquée chez les femmes ayant travaillé de
nuit pendant plus de 4 ans, ou chez celles dont le rythme
de travail était de moins de 3 nuits par semaine, impliquant
des décalages de phase plus fréquents entre le rythme de
jour et le rythme de nuit.

Enfin, cette association entre travail de nuit et cancer du
sein semblait plus marquée lorsque l’on s’intéressait au travail
de nuit effectué avant la première grossesse. Ce résultat
pourrait être expliqué par une plus grande vulnérabilité
des cellules mammaires incomplètement différenciées
chez la femme avant le premier accouchement.

« Nos travaux confortent les résultats d’études antérieures et
posent le problème de la prise en compte du travail de nuit
dans une optique de santé publique, d’autant que le nombre
de femmes travaillant avec des horaires atypiques est en augmentation
 », rappelle Pascal Guénel, principal auteur de ce
travail.

http://www.inserm.fr/espace-journalistes/le-travail-denuit-
un-risque-pour-les-femmes


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