SYNDICAT SUD SANTE SOCIAUX 35

HÔPITAL DE CARHAIX. UNE SEMAINE BRÛLANTE !

mardi 3 juin 2008 par Sud Santé Sociaux 35

« C’est un Plogoff que nous devons préparer, sinon c’est perdu ».
Juché sur un muretin de la préfecture, à Quimper, Christian Troadec
canalise la colère des Centre-Bretons. Le maire de Carhaix sait que la
semaine sera longue et il a promis de monter la pression pour
l’hôpital du Poher.

« Plogoff » : le mot est lourd de sens. La cité capiste avait drainé
la Bretagne derrière elle pour gagner son combat contre le nucléaire
après de longues et parfois violentes manifestations. Le renoncement à
la centrale fut l’une des décisions « symboliques » du nouveau
président Mitterrand, en 1981. Hier, les manifestants du Poher, ont
prouvé une détermination sans faille appuyée par une organisation
parfaitement rodée. Comme à Plogoff, la foule était de tous âges et
origines. La colère des Carhaisiens était montée d’un cran samedi
après la confirmation que les services maternité et chirurgie seraient
fermés vendredi prochain. « Le gouvernement est sur une ligne dure,
elle ne nous fera pas mollir, souligne le conseiller général Richard
Ferrand, accompagné de son collègue François Riou.

L’enjeu est vital pour notre territoire ». Le conseil général du
Finistère votera dans la journée une subvention de 10.000 € au Comité
de défense de l’hôpital.

Organisation soignée

La « prise » du centre-ville de Quimper ce lundi était bien préparée.
Tous savaient qu’une action aurait lieu, mais la grande majorité a
connu la destination dans la matinée. Plusieurs dizaines d’automobiles
ont investi les quais vers 9 h, provoquant un vaste embouteillage.
L’intendance est ensuite arrivée, camionnettes avec fourches et
pelles. Un cortège s’est formé derrière trois sonneurs, pour un petit
tour de ville qui s’est dérouté vers la gare. Deuxième occupation :
500 manifestants, chantent, dansent, dans une joyeuse pagaille. Le
trafic est interrompu.

Tensions à la préfecture

Troisième séquence, vers midi. Le flot des Carhaisiens a grossi. Ils
sont 700 à 800 à revenir au centre-ville. Direction, le plat de
résistance du jour : la préfecture. Devant la grille d’entrée,
Christian Troadec a préparé ses mots. « Nous nous heurtons à un mur. À
chaque demande de discussion, on nous envoie les forces de l’ordre.
Mais il n’y a jamais de murs qui ne tombent pas ». Alors qu’un
barbecue géant est installé, une bousculade survient avec trois
policiers débordés. Un chalumeau branché à une bouteille de gaz est
approché des grilles. Les manifestants veulent entrer de force. La
tension monte puis retombe. Les gardes mobiles ont été appelés en
renfort. Une demi-douzaine de camionnettes bleues se garent en trombe
place de la Résistance. Des feux noircissent l’entrée de la
préfecture. Des pneus sont enflammés devant le pont Saint-François. Un
long face à face commence.

« Nous sommes non-violents »

Les chants se succèdent et les messages : « Nous sommes non-violents »
chantés par les femmes, aux premières loges et particulièrement en
verve. Au premier rang, des femmes enceintes rendent le message
crédible. Les heurts avec les manifestants auront lieu à l’autre
extrémité, rue Sainte-Catherine, d’où reviennent des manifestants, les
yeux rougis par les gaz lacrymogènes. « Pour faire reculer l’État, il
faudra une détermination sans faille, dit Christian Troadec. La
violence n’est pas de notre côté mais avec ceux qui ferment un hôpital
 ». Vers 14 h, les manifestants quittaient Quimper, direction Châteaulin.

Christian Ménard dans le collimateur

Une heure plus tard, les premières blouses blanches apparaissent sur
les bords de l’Aulne. Ojectif de l’étape : la permanence de Christian
Ménard. Le député UMP, défenseur historique de l’hôpital de Carhaix, a
tenu l’après-midi même des propos jugés ambigus sur France 3 Ouest,
qualifiant la proposition de Roselyne Bachelot « de moindre mal ». La
réaction ne s’est pas fait attendre : pneus brûlés devant la façade,
plaque d’identification détruite, locaux investis, souvenirs
photographiques brûlés, tracts de campagnes éparpillés au vent... Les
manifestants ont tenu le siège jusqu’à 18 h 30 en espérant une
conférence téléphonique avec le ministère. Conférence qui ne viendra
pas. Lassés, les Carhaisiens ont alors décidé de rallier la capitale
du Poher pour réfléchir aux prochaines actions à mener. Non sans
s’octroyer un détour par Châteauneuf-du-Faou, le fief de Christian
Ménard, afin d’exprimer leur déception par un ultime feu de pneus. La
semaine promet d’être longue.


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