SYNDICAT SUD SANTE SOCIAUX 35

CHU : Déclaration SUD au Conseil de Surveillance du 3 mars

jeudi 5 mars 2020 par Sud Santé Sociaux 35

La démission de leurs fonctions administratives des 55 médecins du CHU de Rennes, comme de nombreux autres de leurs collègues en France, fait suite à la mobilisation démarrée aux urgences de l’AP-HP au printemps 2019, organisée autour du Comité Inter-Urgences, contre le manque de moyens à l’hôpital public, fruit d’années de budgets marqués par l’austérité, un constat que personne ne remet plus en cause aujourd’hui.

Ce mouvement de contestation sans précédent a réussi à fédérer des soignant-e-s sur tout le territoire, initiant des mobilisations, des manifestations et des grèves nationales et locales autour de revendications : une réelle revalorisation salariale pour toutes et tous, une augmentation des effectifs et une augmentation de la capacité d’accueil des patients. Les usager.e.s ne cessent de nous manifester leur soutien.

Le CHU de Rennes n’est pas épargné par les problématiques soulevées par le Collectif Inter-Urgences, et si certaines revendications telles que les salaires sont à traiter nationalement, les questions d’effectifs et de capacités d’accueil sont à traiter localement. Ainsi, la mobilisation des équipes des urgences du CHU a réussi à obtenir quelques effectifs, après de longues semaines de grève.

De manière générale, nous avions alerté à de nombreuses reprises la direction sur la charge de travail excessive, les rappels à domicile sur repos, le non remplacement systématique des arrêts, le manque de reconnaissance…
La conséquence en est que les équipes soignantes tombent dans l’épuisement professionnel, aussi appelé burn-out. Face à cela, la mesure prise de la mise en place de groupe de travail sur les risques psycho-sociaux renommé plus tard en « Qualité de Vie au Travail », n’avait pour but que de masquer les problématiques, sans en analyser les causes profondes ni les résoudre.

Aujourd’hui, les organisations syndicales du CHU de Rennes constatent unanimement un changement de comportement des agents. Toujours épuisées physiquement et psychiquement, nos collègues pensent à quitter le CHU, voire à la reconversion professionnelle. Nos collègues ne sont plus prêts à supporter l’insupportable au nom de leur vocation de soignant.

Au-delà du questionnement que cela nous pose, qui demain, sera présent à l’hôpital pour s’occuper des patients ? La politique actuelle, est de renouveler nombres de contrats pendant plusieurs années pour certains. C’est insoutenable pour les agent.e.s, qui vont ailleurs pour avoir une situation professionnelle plus stable et plus rassurante. La direction doit fidéliser les nouveaux arrivants par la mise en stage dès leur arrivée, et non par le seul allongement de leurs durées de contrat !

Les 1,14 million alloué par l’ARS via le ministère, est le fruit de nos luttes depuis un an. Malheureusement, une fois de plus le ministère répond à côté, sans répondre aux revendications des salarié.e.s.

Cette somme ne sera pas attribuée au dépenses de personnels, ni à la capacité d’accueil, ni à une revalorisation salariale. En effet, c’est encore une fois, par de l’investissement en matériel que va être dirigé cette somme. Ce n’est pas notre demande et nous ne nous laisserons pas abuser

La Direction Générale sait nous dire et répéter que pourtant les effectifs sont en augmentations. C’est vrai, mais l’activité elle aussi a considérablement augmentée. L’augmentation des effectifs, n’est pas en corrélation avec la charge de travail, avec l’intensification des rythmes de travail.

Prenons l’exemple, du système d’Hôpital En Tension, qui au final peut se résumer par l’absorption d’un afflux de patient.e.s aux urgences par le doublement de chambres dans les services de soins sans pour autant augmenter le nombre de soignant.e.s au lit du malade. Cette surcharge de travail, qui n’est plus épisodique, est à nouveau absorbée, tant bien que mal, par les soignant.e.s, mais à quel prix

Le dialogue dit social qui s’opère au CHU, n’est qu’à sens unique, les propositions que nous sommes amenés à faire ne sont que peu retenues. La qualité des relations sociales ne peut pas se mesurer qu’au nombre de réunions, critère retenu dans le bilan social annuel.

D’ailleurs, lors des vœux de la Direction Générale, le seul point social évoqué concernait les 10 millions d’euros consacrés au remplacement des agents, ce qui est au final le minimum indispensable.

Les membres du conseil de surveillance ont reçu un courrier de la direction concernant un voeu émi par le Comité Technique d’Etablissement. Le sujet porte sur le protocole de grève applicable au CHU. C’est le dernier exemple d’une discussion qui a abouti à une décision unilatérale de la Direction, ne tenant pas compte des propositions coordonnées des organisations syndicales dès le début des échanges. D’ailleurs, ce protocole de grève, vient en réaction après le mouvement de grève des urgences, et vise à limiter les expressions légitimes des professionnels. Ce sont pourtant ces grèves qui ont amené toutes les rallonges budgétaires que vous présentez aujourd’hui comme un plan « sans précédent » !

Autre fait marquant de ce début d’année, c’est ce que la direction a appelé la « monétisation » des 160 000 heures travaillées non rémunérés et non récupérés effectuées par les agents du CHU. La direction a unilatéralement décidé du mode d’indemnisation de ces heures. Elle a décidé de les rémunérer au niveau du forfait Compte Epargne Temps. Pour les agents de catégorie C, cela revient à payer sous le taux horaire du SMIC.

La encore, la direction décide, ne concerte pas et applique cette monétisation, vécue comme une véritable insulte par les 1150 professionnels du CHU concernés par cette première phase de monétisation.

Comment entamer #lenouveauchurennes dans de telles conditions,alors que les personnels désertent, fuient l’hôpital ?

Et pourtant, nous aimons notre hôpital, nous avons déclaré notre flamme à l’hôpital, vendredi 14 février place de la république à Rennes. Médecins, infirmiers, aide-soignant, patients et passants, se sont retrouvés pour ne pas laisser s’effondrer l’hôpital public. Nous ne nous satisfaisons pas des annonces ministérielles relayées à grand coup de communication dans nos établissements.


Nous revendiquons ce que nous n’avons toujours pas obtenu, à savoir les effectifs en regard de la charge de travail, une augmentation de salaire de 300 euros et l’augmentation du nombre de lits.


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